Publié le 29 Sep 2018 - 01:56
OUSMANE DIALLO (COACH ADJOINT AS VILLE DE DAKAR)

‘’Le mal sénégalais, c’est la maladresse’’

 

Le coach adjoint de l’As Ville de Dakar, Ousmane Diallo, a fait l’analyse de la campagne des Lionnes du basket à la Coupe du monde 2018 à Tenerife (Espagne). Dans cet entretien avec ‘’EnQuête’’, il estime que la maladresse est le talon d’Achille de l’équipe sénégalaise.

 

Le Sénégal a perdu contre l’Espagne, mercredi, en match qualificatif pour les quarts de finale de la Coupe du monde. Qu’est-ce qui a manqué aux Lionnes ?

Il faut féliciter les filles et l’encadrement technique pour avoir atteint les barrages. Pour la qualification en quarts de finale contre l’Espagne, c’est vrai que c’était possible parce qu’il y avait de la place pour le Sénégal. On a fait une première mi-temps raisonnable où l’équipe sénégalaise a dominé le premier quart-temps avec un point de différence (17-18). Cela a fait un peu douter l’équipe espagnole. Après la pause, le Sénégal a fait un très mauvais quart-temps. On n’a marqué que 6 petits points durant les dix minutes. Ce qui a permis à l’adversaire de prendre les devants. Au dernier acte, il y a eu beaucoup de pertes de balle. Cela nous a coûté cher. L’Espagne a été plus réaliste en seconde période. Elle a changé de schéma. Du côté sénégalais, on a eu un problème de rotation au niveau de l’effectif. Astou Traoré était blessée, de même que Bintou Diémé qui n’a même pas pris part à la rencontre. En plus de l’absence d’Aminata Fall qui a déclaré forfait dès le début de la compétition.

Ces pertes de balle au niveau de l’équipe sénégalaise, est-ce dû à un manque d’automatismes ?

Les pertes de balle peuvent être dues à la précipitation ou par des mauvais choix. Ce que j’ai vu, c’est qu’en seconde mi-temps, l’équipe espagnole a changé totalement son jeu défensif. Les Espagnoles sont devenues plus agressives et ont augmenté leur rigueur en défense. En première période, le Sénégal arrivait à chuter et à marquer. Mais, au retour de la pause, les Lionnes n’arrivaient plus à mettre des paniers. Cela nous a perturbés.  

Dans l’ensemble, comment appréciez-vous la participation du Sénégal à la Coupe du monde ?

Il n’y a rien à dire par rapport aux objectifs. Car, au départ, l’ambition était de gagner un match pour passer au second tour (barrages qualificatifs aux quarts de finale, Ndlr). Ce qui est fait. L’autre aspect, c’est la préparation pour l’Afrobasket. L’équipe sénégalaise méritait d’aller en demi-finales parce que l’Espagne n’est pas meilleure. Elle a eu seulement plus de métier. Ce qui est positif, c’est que cela  a permis de préparer l’équipe pour la suite. Elles ont fait une belle prestation. Mais est-ce qu’elles seront toutes là en 2019 ? Ça, c’est une autre question.   

Individuellement, quelles sont les joueuses qui vous ont le plus marqué ?

Il y a Astou Traoré qui faisait souvent la différence. Elle s’est blessée après. Mais ce qui m’a beaucoup frappé, c’est l’apport de Bintou Diémé qui a fait un excellent tournoi. Elle a beaucoup apporté sur l’organisation du jeu offensif. Elle a mis beaucoup de stabilité dans l’équipe. Il y a Oumoul Khaïry Sarr qui faisait de bonnes choses. Maïmouna Diarra a fait un super match contre la Lettonie. A ce niveau de la compétition, le plus important, c’est le collectif.

Certaines joueuses ont été peu utilisées, d’autres ne l’étaient pas du tout. C’est quoi l’utilité de sélectionner une joueuse et de ne pas la faire jouer ?

On a eu un problème de rotation dans l’effectif. Le Sénégal a joué pratiquement avec 7 ou 8 joueuses durant le tournoi. Mais c’est l’option de l’entraineur. Il a sa conception du jeu. Un autre allait jouer avec 12 éléments. Maintenant, emmener des joueuses en compétition et ne pas les faire jouer, c’est un choix à justifier par l’entraineur. Est-ce qu’on les a emmenées pour apprendre ou pour jouer ? Les choix ne se discutent pas. Le coach a ses raisons. Il lui appartient de donner des explications par rapport à la gestion de l’effectif, de la rotation. 

Par rapport à celles qui ne sont pas venues, y a-t-il une joueuse qui a manqué à l’équipe ?

L’équipe nationale est ouverte pour tout le monde. Elle n’appartient à personne. C’est les meilleures joueuses du moment qui sont sélectionnées. Maintenant, l’entraineur est libre de prendre qui il veut. Après, quand tu fais ton choix, tu assumes. Mais il n’y a rien à dire sur la sélection.

La Coupe du monde doit servir de repère pour le prochain Afrobasket. Qu’est-ce qui devrait, à votre avis, être amélioré dans cette équipe du Sénégal ?

Il y a beaucoup de choses à améliorer, même si de bonnes choses ont été faites. Si on prend la gestion du ballon, l’équipe perd trop de balles. Dans le haut niveau, ça se paie cash. Le coach doit revoir la gestion des possessions et faire moins de pertes de balle. Au niveau défensif, on a pris des paniers sur la transition. C’est des choses à corriger, ne pas prendre des paniers sur des contre-attaques. Il faut essayer d’assurer le repli défensif. La défense un contre un doit être améliorée. Quand elle n’est pas bonne, les joueuses sont obligées de commettre des fautes. Mame Marie et Oumoul Khaïry Sarr ont fait trop de fautes en première mi-temps.

L’équipe sénégalaise manque beaucoup de paniers faciles. De même, sur les tirs à distance, il y a un faible rendement. Est-ce un problème de formation ou quoi ?

Le mal sénégalais, c’est la maladresse. Dans l’équipe, il n’y a pas une joueuse qui fait des chutes à 100 %. On n’a pas de tireuse attitrée. Même le nombre de tirs est faible dans un match de basket. Mais c’est un problème qui date de longtemps. Au niveau des intérieures, il fallait revoir l’apport offensif qu’on attendait de ces joueuses.

Maïmouna Diarra est une excellente joueuse, mais elle ne score pas. Elle apporte plus en défense où elle peut prendre des rebonds, faire des écrans et libérer ses partenaires. Elle peut grignoter 8 à 10 points, pas plus. Pour Aïcha Sidibé aussi, c’est la même chose. C’est une joueuse qui peut gêner l’adversaire par sa grande taille. Si on attend de ces deux qu’elles marquent des paniers, on ne va jamais scorer. C’est le job d’Astou Traoré et d’Oumoul Khaïry Sarr. Maintenant, quand ces dernières jouent à l’intérieur, elles sont un peu courtes par rapport aux grandes qui défendent sur elles. Vous avez vu comment  Astou Ndour les a beaucoup gênées dans la bouteille. Mais c’est des options que doit faire le coach. Après, on voit si ça marche ou pas. Il faut le dire, le secteur intérieur, offensivement, ce n’était pas ça. Et même le secteur extérieur. On n’arrivait pas à scorer.

LOUIS GEORGES DIATTA

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