Publié le 15 Dec 2017 - 23:24
ACCÈS, PRIX, FINANCEMENT…

Les défis liés à l’électricité en Afrique

 

Les Africains veulent un accès à l’électricité et une baisse des prix, dans un contexte  de hausse constante des coûts de production. Il se pose donc un problème de financement pour répondre à la demande. Le constat a été fait hier, lors d’une rencontre de l’Association des sociétés d’électricité d’Afrique.

 

Le comité scientifique du mandat 2017-2020 de l’Association des sociétés d’électricité d’Afrique (Asea) a tenu, hier, sa première réunion à Dakar. Cette entité est, en fait, l’organe de recherche qui réfléchit sur les problèmes transversaux que les sociétés d’électricité traversent pour trouver des solutions. Le directeur général de la Senelec, qui a présidé la cérémonie, a rappelé les défis auxquels l’Afrique fait face en matière de fourniture de jus.

Selon Mamadou Makhtar Cissé, 600 millions d’Africains n’ont pas accès au courant électrique, alors que la pénétration reste lente. Cela s’explique, d’après le directeur général de l’Asea, par une démographie très forte, à peu près 5,5 % et même 6 % dans certains pays, et une croissance économique moyenne de 6 %.

De l’avis d’Abel Didier Tella, avec cette démographie, même s’il y a une croissance de plus de 8 % des sociétés en charge de la fourniture du courant électrique, on risque de faire du surplace, comme c’est le cas dans certains pays. ‘’La croissance économique et la croissance démographique consomment tout le progrès. Il faut donc aller à deux vitesses’’. C’est sans doute ce que cherche le Sénégal. M. Cissé, le Dg de la Senelec, a fait savoir que le pays a fait baisser son objectif d’accès universel à l’électricité (100 % de la population) de 2030 à 2025.

Outre l’accès, il y a les prix. En fait, constatent M. Cissé et M. Tella, les populations demandent non seulement la disponibilité de l’énergie, mais elles veulent que les coûts soient réduits. La question se pose donc de savoir comment satisfaire la demande, mais aussi comment financer les sociétés, sachant  que, d’après M. Tella, les consommateurs ne peuvent pas payer la vraie facturation du  service. ‘’Quelles que soient les complaintes de tarifs élevés, on n’atteindra jamais le prix réel de l’électricité. Le service public primant, les Etats sont obligés de contenir les prix de vente’’, souligne-t-il.

Par ailleurs, au moment où les populations demandent une réduction des prix, ajoute Mamadou Makhtar Cissé, les coûts de la production ne cessent d’augmenter. Cela est dû à la nécessité de procéder à une transformation énergétique pour aller vers les énergies propres. Ce qui requiert la mobilisation d’importants fonds. La Senelec, par exemple, a besoin de 800 milliards pour son plan stratégique 2016-2020. Il y a aussi la digitalisation à la fois de la production et de la commercialisation. Selon Makhtar Cissé, les sociétés d’électricité d’Afrique souffrent de pertes techniques et non techniques.

Les petits gestes pour réduire la consommation

Elles ont donc besoins d’outils efficaces et de surveillance de la consommation. En effet, relève-t-il, face à l’impossibilité de baisser davantage les prix, la maitrise de la consommation devient le seul moyen de réduire la facture. Et il suffit juste d’adopter des comportements basiques comme débrancher un appareil qui ne fonctionne pas (télé, radio), d’acheter des lampes à basse consommation ou de placer son frigo hors de la cuisine, pour éviter la température trop ambiante élevée.

Face à tous ces défis, il s’avère important, selon nos interlocuteurs, d’avoir un partage d’expériences. Car, au fond, même si les grandes lignes sont partout les mêmes en Afrique, souligne M. Cissé, il existe de petites différences en fonction des pays. Les acquis des uns peuvent donc intéresser les autres. Il s’y ajoute qu’il y a la nécessité de travailler sur un réseau commun en Afrique, comme il en existe en Europe et aux Etats-Unis. Le Dg de la Senelec pense qu’il est possible, un jour, qu’il y ait les autoroutes de l’énergie dans le continent. Mais faudrait-il, d’abord, que les problèmes de transport d’énergie soient résolus à l’échelle nationale. 

BABACAR WILLANE

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