Publié le 20 Jul 2020 - 21:00
REPRISE ECONOMIQUE POST-COVID-19

Les trois grands piliers de la stratégie nationale de développement

 

Pour ouvrir la voie à une reprise vigoureuse et inclusive, les autorités sénégalaises devront continuer de s’attacher à améliorer le climat des affaires et stimuler l’investissement du secteur privé. C’est ce que préconise le directeur général adjoint et président par intérim du Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) Mitsuhiro Furusawa.

 

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé, vendredi, la première revue du programme du Sénégal appuyé par l’Instrument de coordination de la politique économique (ICPE). L’accord avec le Sénégal au titre de l’ICPE a été approuvé le 10 janvier 2020, à l’appui de la deuxième phase de la stratégie nationale de développement des autorités sénégalaises, le Plan Sénégal émergent (PSE). Il repose sur trois grands piliers. Il s’agit de la réalisation d’une croissance ‘’élevée, durable et inclusive’’, de la consolidation de la stabilité macroéconomique à travers une politique budgétaire ‘’prudente’’, notamment en augmentant les recettes et en améliorant l’efficience des dépenses, et à une bonne gestion de la dette. Et gérer le secteur du pétrole et du gaz de manière durable et transparente.

Aujourd’hui, face à la crise sanitaire, le directeur général adjoint et président par intérim du Conseil d’administration du FMI reconnait que le Sénégal paie un ‘’lourd tribut’’ à la pandémie de Covid-19. D’après Mitsuhiro Furusawa, l’affaiblissement de la demande extérieure, l’arrêt soudain des voyages et du tourisme, la baisse des envois de fonds des travailleurs expatriés et les effets des mesures d’endiguement prises par les autorités nationales pèsent sur l’activité. ‘’Les perspectives à court terme sont moroses et très incertaines. Une reprise progressive est attendue au deuxième semestre de 2020 et en 2021, même si les perspectives risquent d’être révisées à la baisse’’, affirme-t-il.

Toutefois, M. Furusawa a souligné que l’exécution de la politique économique dans le cadre du programme au titre de l’instrument de coordination de la politique économique, a été ‘’satisfaisante’’, en dépit des circonstances difficiles. ‘’Pour ouvrir la voie à une reprise vigoureuse et inclusive, les autorités devront continuer de s’attacher à améliorer le climat des affaires et à stimuler l’investissement du secteur privé, tout en poursuivant les réformes en cours visant à améliorer la gestion de la dette, à accroître les recettes et à renforcer la gestion des finances publiques’’, suggère le DG adjoint du Conseil d’administration du FMI.

Par ailleurs, il prévient que le ralentissement accentue les risques pesant sur la stabilité financière. C’est-à-dire, ceux-ci doivent être suivis de près, car le secteur bancaire a un rôle essentiel à jouer dans le financement de la reprise.

À l’issue des débats du Conseil d’administration du FMI, M. Furusawa, a aussi relevé que les autorités ont agi ‘’rapidement’’ pour atténuer l’impact de la pandémie. Ceci en augmentant les dépenses de santé et en offrant une ‘’aide ciblée’’ aux ménages vulnérables et aux entreprises. ‘’La volonté des autorités de garantir la pleine transparence des dépenses d’urgence et du financement au titre de l’initiative d’allégement du service de la dette, ainsi que d’en être pleinement responsables, est notée avec satisfaction et contribuera à assurer la cohésion sociale et à mobiliser une aide financière extérieure. Tandis que la crise se poursuit, les autorités doivent accroître leur aide aux populations les plus pauvres et à l’économie informelle, y compris aux petites et moyennes entreprises’’, témoigne-t-il.

Mener une politique budgétaire ‘’bien ancrée’’ et ‘’solide’’

Le DG adjoint du Conseil d’administration du Fonds monétaire international pense ainsi que l’expansion budgétaire temporaire qui est prévue dans la loi de finances révisée pour 2020, devrait contribuer à financer la réponse sanitaire, à protéger les moyens de subsistance et à soutenir l’activité. ‘’Une fois que la situation se normalisera, il sera essentiel de mener une politique budgétaire bien ancrée et solide à moyen terme pour assurer la viabilité de la dette et la stabilité régionale. Dans ce contexte, la volonté des autorités d’en revenir à un déficit équivalant à 3 % du PIB d’ici 2022, est notée avec satisfaction’’, dit-il.

Dans un communiqué transmis à ‘’EnQuête’’ ce week-end, le ministère des Finances et du Budget rappelle à ce propos qu’à fin décembre 2019, le Sénégal a affiché une bonne santé économique et financière. Celle-ci s’est traduite par une croissance économique de 5,3 % accompagnée d’une ‘’très faible’’ inflation et l’atteinte de ‘’toutes les cibles’’ quantitatives. Il s’agit de la cible de déficit budgétaire de 3,7 %, du plancher des recettes fiscales ‘’largement dépassé’’ par une mobilisation ‘’exceptionnelle’’ des recettes fiscales, le besoin annuel de financement net de l’Etat. ‘’Le plafond trimestriel des instances de paiement arrêté à 40 milliards F CFA, a été maintenu à moins de 30 milliards F CFA ; le plancher des dépenses sociales établi à 35 % du budget dépasse les 45 % ; l’encours de la dette publique, qui a été inférieur au plafond de dette et les arriérés de paiement extérieur du secteur public’’, lit-on dans le document.

Pour faire face aux urgences de l’heure, la tutelle indique que l’Etat a redéfini certains objectifs de son Programme économique et financier appuyé par l’ICPE du FMI pour ‘’mieux tenir’’ compte du nouveau contexte. ‘’C’est ainsi que le déficit budgétaire global a été porté à 6,1 % du PIB contre les 3 % initialement fixés par la LFI 2020, avec la ferme volonté des autorités de revenir à la norme communautaire, à mesure que la situation se normalise. La mise en œuvre du Pres dans ses quatre piliers (santé, résilience sociale, appui au secteur privé et sécurisation de l’approvisionnement en denrées, hydrocarbures et produits pharmaceutiques) a été jugé satisfaisante par le FMI’’, rapporte le communiqué.

MARIAMA DIEME

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