Publié le 18 Oct 2018 - 02:35
DEVELOPPEMENT DE L’IMMOBILIER EN AFRIQUE

Les limites de l’urbanisation

 

Les Etats africains doivent innover dans la gestion du foncier ou de la collecte des impôts autour de l’immobilier. La suggestion est signée du président-directeur général du cabinet Performances. Victor G. Ndiaye, qui participait à un séminaire à Dakar, a aussi regretté le manque d’harmonisation et de vision dans l’urbanisation.

 

Le continent africain est non seulement peu urbanisé, mais son urbanisation prend, des fois, une direction ‘’peu maitrisée’’, selon le président-directeur général du cabinet Performances. Et pourtant, la population se déplace massivement vers les zones urbaines, avec peu d’infrastructures disponibles. ‘’Ce qui se traduit par le développement des bidonvilles. Les villes, censées accélérer la croissance, se trouvent dans des situations où l’urbanisation la freine. On estime que dans la plupart des pays d’Afrique, la congestion coûte 5 à 6 % de leur produit intérieur brut (Pib). La grande question, c’est comment aller vers une urbanisation mieux planifiée et mieux maitrisée’’, a dit hier Victor G. Ndiaye. Il s’exprimait  lors de l’ouverture du Sommet pour l’investissement immobilier en Afrique qui se tient à Dakar.

M. Ndiaye a indiqué que les villes ont besoin d’investissements massifs pour suivre le développement des populations. Ce qui suppose beaucoup de ressources et plus d’innovations sur le financement. ‘’Il est important de gérer de façon beaucoup plus innovante et créative des actifs comme l’immobilier, la taxation foncière, etc. Nos Etats doivent innover dans la gestion de l’actif foncier ou dans la collecte des impôts. Plus de ressources signifiera nécessairement plus d’innovations dans la gestion de tous ces actifs autour de l’immobilier’’, a-t-il préconisé. 

Toutefois, le Pdg de Performances Group a signalé que tout ne doit pas venir de l’Etat. Pour M. Ndiaye, il est également important d’être capable d’attirer l’investissement privé. ‘’Une ville doit avoir une vocation économique. Sinon, elle sera une ville dortoir, comme Pikine, Guédiawaye, etc. Elle doit créer des emplois pour les personnes qui viennent s’y installer. Ces emplois doivent venir des secteurs moteurs de croissance. Il est crucial d’être capable de définir des secteurs dans lesquels les pays seront capables d’être très forts, d’exporter, d’attirer beaucoup d’investissements privés’’, a-t-il ajouté.

Selon lui, ceci nécessite des stratégies et des politiques ‘’très claires, bien mises en œuvre’’, un cadre des affaires de qualité, etc. Dans ce contexte, le patron de Performances juge primordiale la définition d’une politique d’aménagement. ‘’La planification doit être définie dans une politique d’aménagement extrêmement claire avec des règles très strictes qui font qu’on définisse clairement ce qu’on a le droit de construire, avec quel style, etc. Ceci, avec un Etat derrière qui joue son vrai rôle de gendarme, de régulateur de cette politique d’urbanisation. Il faut que les autorités mettent en place une politique d’urbanisation cohérente’’, préconise M. Ndiaye.

Ce dernier rappelle qu’une ville se construit sur 30, voire 40 ans. De ce fait, il faut une ‘’vision’’, une ‘’patience’’ pour créer, petit à petit, une ville modèle. ‘’C’est d’abord un de nos premiers défis, à savoir penser sur le long terme et réfléchir à ce qu’on peut bâtir à l’horizon 2040, 2050 et commencer à poser les premières pierres maintenant. Dans ce processus, je n’ai aucun doute que la rentabilité sera au rendez-vous, notamment pour ceux qui sauront proposer une offre de qualité aux habitants aisés, aux expatriés qui en auront les moyens’’, a dit Victor G. Ndiaye.

Pour sa part, le directeur Stratégie du groupe Teyliom Sénégal, El Hadj Hamidou Badji, a souligné que les problèmes auxquels font face les acteurs du secteur immobilier sont singulièrement l’accès au foncier, la problématique du financement et celle de standardisation, d’amélioration des outils de construction. ‘’Aujourd’hui, nous sommes dans un contexte très intéressant, avec la mise en place du pôle urbain de Diamniadio. La construction d’un épicentre entre Dakar, Thiès et Mbour, ce fameux triangle d’or, est une véritable opportunité pour faire mieux en termes d’aménagement urbain et créer de vrais pôles urbains pour permettre à cette ville de respirer et à Dakar d’être cette mégalopole’’, a-t-il relevé.

La rencontre de Dakar va permettre aux principaux investisseurs et promoteurs immobiliers de la région d’évaluer les opportunités d’affaires en Afrique. Sur ce, ces acteurs vont, pendant ces deux jours, se pencher sur des questions essentielles qui touchent leur secteur. Il s’agit de l’investissement et du développement immobilier, l'environnement juridique et fiscal… 

MARIAMA DIEME

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