L’APR réclame des enquêtes

Réuni hier, le Secrétariat exécutif national (Sen) de l’Alliance pour la République (APR) a passé en revue l’actualité nationale. Les responsables du parti fondé par Macky Sall ont exprimé leur indignation sur plusieurs fronts, allant du climat politique à la gestion économique, en passant par la question des libertés publiques.
Réagissant aux ‘’manipulations’’ relayées par certains médias, le Sen a démenti toute rencontre entre l’ancien président Macky Sall et son successeur Bassirou Diomaye Faye.
Selon le communiqué, Macky Sall se trouve à Paris ‘’dans le cadre de son agenda international fixé depuis le début de l’année’’.
Le parti a dénoncé ce qu’il qualifie de ‘’hold-up’’ à la Ville de Dakar, où un candidat jugé ‘’ultra minoritaire’’ aurait accédé au fauteuil de maire grâce à une ‘’stratégie de confiscation’’, mêlant ‘’manipulation des textes, achat de consciences et conspiration politicienne’’. Pour l’APR, cette situation illustre la volonté du Pastef de ‘’confisquer les suffrages’’ et d’ériger un ‘’parti-État’’.
Concernant le dossier de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser), l’APR a salué l’initiative du député Thierno Alassane Sall visant à mettre la lumière sur ce qu’il qualifie de ‘’scandale de 37 milliards de francs CFA’’. Le Sen reproche au Pool judiciaire financier son inaction et réclame l’ouverture d’une enquête judiciaire, accusant le gouvernement de protéger des dignitaires impliqués.
Le Sen s’est félicité de l’abandon, par le FMI, de l’expression ‘’dette cachée’’ attribuée à l’’’imagination’’ du Premier ministre. Toutefois, l’APR exige la publication du rapport du cabinet Forvis Mazars, commandité en remplacement de la Cour des comptes, dénonçant un ‘’conflit d’intérêts’’. L’opposition accuse le gouvernement d’avoir ‘’dissimulé’’ certaines données budgétaires dans le dernier rapport trimestriel.
Le Sen a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive autoritaire du régime, citant la convocation du chroniqueur Mamadou Sy Tounkara et l’incarcération de plusieurs figures, dont Badara Gadiaga, Abdou Nguer, Jérôme Bandiaky et l’homme d’affaires Tahirou Sarr. Le parti exige leur libération.
Le communiqué demande également l’abandon des poursuites visant d’anciens ministres du régime Sall ainsi que la libération de responsables de l’APR, qualifiés ‘’d’otages politiques’’, parmi lesquels Farba Ngom, Mansour Faye, Lat Diop ou encore Moustapha Diop.
Réaffirmant sa position d’opposant résolu, l’APR appelle ses militants et les forces vives de la nation à se mobiliser pour, selon ses termes, ‘’mettre en échec le projet d’instauration d’un parti-État’’ et ‘’consolider une opposition crédible et alternative’’.