Publié le 1 Oct 2018 - 21:02
EDUCATION NATIONALE

Le financement fait débat

 

Des économistes et spécialistes de la question éducative se sont retrouvés, ce week-end, sous l’égide de la Cosydep qui tient la 2e édition de la Foire des innovations de l’éducation et de la formation (Fief), pour discuter du financement de l’éducation, lors d’un panel.

 

Le Sénégal fait partie, selon l’économiste et enseignant Mamadou Ngom, des pays qui ont décidé de prendre en charge l’éducation qui nécessite un investissement à long terme. Selon son constat, ‘’les ressources sont disponibles. Ce qui pose problème, c’est la répartition qui doit être bien projetée et bien définie’’. Cette année, dit-il, il y a d’autres sources de financement qui sont nées de la loi de finances rectificative 2018-24 qui porte sur un prélèvement spécial du secteur des télécoms (Cst), sur les compagnies d’assurance de 1 % du chiffre d’affaires hors taxe, sur les opérations consignation de produits pétroliers de 10 F Cfa par kg net de produits pétroliers et sur l’exploitation de l’or non monétaire.

L’enseignant, qui prenait part au panel sur le financement de l’éducation organisé par la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’école publique (Cosydep), est d’avis ‘’qu’au Sénégal, le financement est prévu’’. Car, hormis les impositions, il y a la contribution forfaitaire à la charge des employeurs de 3 % du revenu brut du salariat. ‘’Ça prête à confusion, mais l’Etat est exonéré. En moyenne, on recouvre 1 milliard 500 millions de francs Cfa par mois. On projette quelque 18 à 20 milliards de francs Cfa. C’est insuffisant. L’assiette est trop faible, dans la mesure où nous avons des régimes d’exonération exagérés. Certaines entreprises qui sont en mesure de contribuer se voient exonérées au détriment d’autres’’, peste-t-il.

‘’Problème d’efficacité et d’efficience’’

La spécialiste en éducation, Khady Ndiaye, va dans le sens de l’enseignant, en soulignant que les solutions résident dans la mise en œuvre des Odd 4 et 5 et l’agenda 20-63. Des pays comme le Sénégal, dit-elle, ont décidé d’injecter 4 à 6 % du produit intérieur brut, en rapport avec le volume des ressources nécessaires. ‘’Le Sénégal a atteint moins de résultats, contrairement aux pays qui ont le même volume de financement. C’est un problème d’efficacité et d’efficience qui se pose’’, dit-elle. Elle suggère de faire en sorte que le volume des ressources soit utilisé de manière rationnelle. ‘’Il faut vraiment que le plaidoyer soit construit pour attirer des ressources et les verser dans l’éducation. Le secteur privé se débrouille pour financer les activités autour de l’école’’, soutient-elle.

Khady Ndiaye révèle que, durant les 10 dernières années, le système éducatif a reçu 6 % du Pib. De 2009 à 2015, la part des dépenses publiques en éducation est allée de 23 à 25 %. Les dépenses publiques sont passées de 375,9 milliards de francs Cfa en 2009 à 585,33 milliards de francs Cfa. Elle trouve que les outils sont disponibles, et l’existence de cadre harmonisé suivi-évaluation des politiques publiques est nécessaire.

AIDA DIENE

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