Publié le 14 Nov 2014 - 22:21
ENTRETIEN AVEC… ABDOULAYE FAYE

«Depuis 8 mois, le PDS n’exerce plus son droit à la manifestation»

 

Pour l’administrateur du Parti démocratique sénégalais, il y a un contexte précis de menace et de confiscation des libertés créé par Macky Sall et son pouvoir et contre lequel son parti doit s’opposer.

 

Le PDS et ses alliés envisagent d’organiser un meeting le 21 novembre. Qu’est-ce qui explique ce regain de tension alors qu’on parlait de retrouvailles libérales ?

Les retrouvailles libérales sont une affaire lancée par Abdoulaye Wade, en réponse à la situation économique et sociale nationale. C’est une réponse aux problèmes d’organisation, de mobilisation et défis à relever contre Macky Sall. C’est un impératif aujourd’hui que de travailler aux retrouvailles de la famille libérale dans toutes ses composantes.

Mais on a noté des résistances de part et d’autre.

Je ne pense pas que cela soit un obstacle. C’est un processus qui est enclenché et qui, travaillé, managé, peut donner des résultats positifs. Le jeu en vaut la chandelle. Si nous voulons atteindre l’objectif de reconquérir démocratiquement le pouvoir en 2017, la voie la plus rapide, ce sont les retrouvailles de la famille libérale.

Comment parler de retrouvailles libérales au moment où Karim Wade est en prison ?

Disons que ça, c’est une agression contre le parti, contre la démocratie, en violation de la Constitution.

En quoi cela est-ce une violation ? Et la reddition des comptes, vous en faites quoi ?

Ce qui se passe est différent de la reddition des comptes. Nous sommes en présence d’une traque. Cela rappelle la période de la clandestinité avec les partis de gauche. Nous assistons à de l’inquisition, à une chasse aux sorcières. Mais c’est peine perdue. D’autres l’ont essayé avant eux, ils n’ont pas réussi.

Vous avez également fait subir des choses à Macky Sall lorsque vous étiez aux affaires.

Lorsqu’il était Premier ministre… c’était une question interne à notre parti qui a été réglée sur la base de nos textes fondamentaux. Depuis lors, il n’a pas été inquiété par le Parti démocratique sénégalais. Le problème ne se situe pas à ce niveau.

Il se situe à quel niveau ?

Il se situe aujourd’hui dans un contexte précis de menace, de confiscation des libertés. Je rappelle en tant qu’administrateur du parti et président de la commission de discipline, que le PDS existe à partir de deux principes.

Lesquels ?

Le premier principe, c’est le respect de la Constitution qui garantit toutes les libertés. Depuis lors, le PDS travaille en respectant fondamentalement la Constitution. L’autre principe, c’est travailler à la restauration de la démocratie sous toutes ses formes : liberté de presse, liberté de marche, liberté d’opinion, etc. Aujourd’hui que nous assistons à la confiscation de ces libertés-là, le PDS a mille raisons de se battre en mobilisant ses partenaires, ses jeunes, ses femmes, ses sections, sous-sections… Bref, en mobilisant tous les Sénégalais épris de paix et de justice pour barrer la route à Macky Sall.   

Sous votre régime, vous avez aussi interdit des manifestations de l’opposition. Est-ce que ce n’est pas un retour de bâton ?

Nous avons interdit des manifestations en évoquant des situations objectives. Vous vous rendez compte que depuis huit mois, le PDS n’exerce plus ce droit fondamental de la Constitution, au moment où le parti de Macky Sall organise des manifestions tous azimuts !

Quid de la succession de Me Wade à la tête du PDS ?

Le problème ne se pose pas présentement au PDS. Me Wade reste et demeure le secrétaire général de notre parti. Nous fédérons nos forces, nos énergies pour faire vivre le parti, et continuer notre marche vers 2017.

Pape Samba Mboup a récemment exprimé ses états d’âme dans la presse. Il a demandé à Wade de se réveiller car, dit-il, il est en train d’être trompé par son entourage. Qu’en pensez-vous ?

C’est son avis. C’est un peu ce qui caractérise le Pds. Les responsables ont leur opinion qui n’est pas forcément tranchée en Comité directeur. Ce que Pape Samba Mboup a dit n’est pas exempt de reproche. Moi-même je me ferai le devoir de l’interpeller sur certains aspects de sa déclaration.

DAOUDA GBAYA

 

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