Publié le 17 Jul 2018 - 16:19
LIBERATION IMMEDIATE DE KHALIFA SALL

Mankoo Taxawu Senegaal s’invite dans la bataille

 

Absente de la scène politique depuis le lendemain des élections législatives de 2017, la coalition Mankoo Taxawu Senegaal est sortie, hier, de sa réserve pour exiger la libération de Khalifa Sall, après l’arrêt de la Cedeao.

 

Mankoo Taxawu Senegaal reprend du service, après plus d’une année d’hibernation. Disparue de la scène politique sénégalaise comme elle a été créée à la veille des élections législatives de 2017, elle a signé son retour, hier. Mais sans ses membres les plus influents comme le président de Rewmi, Idrissa Seck, qui n’a pas été représenté. Seuls le leader du Front pour le socialisme et la démocratie/Benno Jubbël (Fsd/Bj), Cheikh Bamba Dièye, Hélène Tine, coordonnatrice du Mouvement pour un Sénégal d’éthique et de travail, et le secrétaire général de l’Alliance démocratique/Penco, Moussa Tine, étaient présents. Ils ont battu le rappel des troupes.

Face à la presse, hier, au siège du Fsd/Bj, ils ont interpellé les tenants du pouvoir sur le dossier de leur leader. A ce propos, ils ont invité le président de la République, Macky Sall, à se ressaisir pour ne pas écorner davantage l’image de marque dont notre pays a toujours bénéficié au plan national et international. ‘’J’ai mal pour mon pays. Beaucoup de mes amis, à l’international, m’appellent à longueur de journée pour me demander ce qui est arrivé à notre pays jadis réputé pour la qualité de ses ressources humaines, le respect de son Etat de droit et le niveau de sa démocratie. Aujourd’hui, notre réputation en a pris un sacré coup et il faut que chacun des Sénégalais se lève pour dire non à la forfaiture’’, fulmine Oumar Cissé, leader de Vision Rufisque, par ailleurs membre de Initiatives 2017.

Placé sous mandat de dépôt le 7 mars 2017, pour détournement de deniers publics portant sur la somme de 1,8 milliard de francs Cfa, blanchiment de capitaux, d’escroquerie portant sur des deniers publics, faux et usage de faux en écriture administrative et de commerce, et d’association de malfaiteurs avec six autres de ses proches collaborateurs, Khalifa Sall croupit jusqu’ici en prison. Mais, selon un arrêt de la Cedeao récemment rendu public, son droit à une assistance juridique dès son interpellation, son droit à un procès équitable et à la présomption d’innocence ont été violés dans le cadre de la procédure. Toutes choses qui poussent aujourd’hui les conseils du maire de Dakar à exiger sa libération purement et simplement.

Estimant que cet arrêt est une déconvenue monumentale pour l’Etat du Sénégal et pour notre magistrature, le leader du Fsd/Bj considère qu’après cette décision, chaque minute que passera Khalifa Sall en prison ne sera qu’injustice. ‘’Le président de la République, y compris ses ministres, sont disqualifiés dans ce dossier. Ils nous ont ridiculisés, ils doivent arrêter les frais’’, peste Cheikh Bamba Dièye. Pour sa part, le secrétaire général de Ad/Penco, lui, relève que la récente déclaration du président de la République sur cette affaire est un aveu de taille, surtout quand il dit qu’il ne cédera à aucune pression nationale ou internationale. Cela, selon Moussa Tine, est une déclaration grave qui prouve à suffisance que c’est lui qui décide dans ce dossier à la place des magistrats.

Pour sa part, Hélène Tine se dit indignée par les attaques des tenants du pouvoir contre la Cour de justice de la Cedeao. ‘’C’est indécent qu’un ministre de la République attaque cette cour. Nous avons entendu un ministre dire même que cette juridiction a été soudoyée, alors qu’il devait avoir d’autres chats à fouetter, au moment où les populations sénégalaises sont assoiffées. La justice sénégalaise est interpellée, lorsque les gens accusent leurs collègues de la communauté’’, fulmine-t-elle. 

ASSANE MBAYE

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