Publié le 9 Dec 2014 - 08:26
LUTTE - MAMADOU NIANG, MANAGER DE L’ANCIEN ROI DES ARENES

‘’J’ai comme l’impression que les gens fuient Yékini’’

 

‘’Yékini, le roi des arènes’’. Ce titre de la bande dessinée (BD) sur le champion de lutte sénégalais est retenu dans la liste officielle des 35 meilleurs ouvrages devant concourir pour le festival d’Angoulême. Face à la presse, vendredi dernier, Mamadou Niang, le manager de Yahya Diop, est revenu sur les moments forts de la réalisation de cette œuvre, avant de parler des perspectives qui s'annoncent pour son poulain.

 

Actuellement, y a-t-il un combat en vue pour Yékini ?

Actuellement, tous ses adversaires potentiels ont des combats, à part Bombardier ; encore qu’il soit question qu’il rencontre Modou Lô. Les gens s’intéresseront à lui (Yékini) après les combats qui sont déjà ficelés. Ses deux vrais adversaires sont Eumeu Sène, avec qui il n’a jamais lutté, et Balla Gaye qui lui doit une revanche. Bombardier également est un de ses adversaires, même s’il l’a terrassé plusieurs fois. Il reste quand même le roi des arènes. S’il veut rencontrer Yékini, il ne pourra pas dire non.

N’avez-vous pas le sentiment que Yékini revit la même chose que lors des années 2000, quand il avait du mal à avoir des combats ? C’est comme si les autres lutteurs le fuient ?

C’est très possible, parce que c’est un sentiment bien partagé actuellement. J’ai comme l’impression que les gens le fuient. Et à raison.

C’est-à-dire ?

Yékini n’est pas n’importe quel lutteur. S’il était encore roi des arènes, tout le monde aimerait se frotter à lui. Comme il a perdu la couronne, c’est un risque de le rencontrer. Je comprends que les gens hésitent avant de s’engager. Jusqu’à présent, il ne parle pas de proposition de combat. Je ne pense pas qu’on lui ait proposé un combat. Si c’était le cas, il l’aurait dit. Je sais que ça viendra, disons vers le mois d’avril. Il y a Tyson qui doit rencontrer Gris Bordeaux. Ce sont des adversaires.

Pensez-vous que Tyson soit un adversaire de taille pour Yékini à l’heure actuelle ?

C’est vrai qu’il a déjà terrassé Tyson à deux reprises. Mais aujourd’hui, Yékini n’est plus roi des arènes. C’est des adversaires. Il y a également des jeunes lutteurs qui demandent à l’affronter. J’ai lu dans la presse qu’Abdou Diouf et Gouye Gui. Pourquoi pas ? Mais je ne dis pas qu’il va accepter. (Rire)

Mais Yékini n’est plus si jeune que ça. Ne craignez-vous pas que le poids de l’âge vienne plomber ses performances ?

Il s’entraine tous les jours. C’est éprouvant de s’entraîner sans avoir de combat. Mais il est comme ça. C’est quelqu’un qui a une hygiène de vie assez particulière. Il ne sort jamais la nuit, depuis plus de quinze ans que je m’occupe de lui. Il se lève très tôt le matin, il fait sa prière et lit le Coran, puis il part aux entraînements. Au retour, il dort  jusqu’à 15h. S’il ne retourne pas aux entraînements, il reste chez lui ou il va rendre visite à ses proches. Son hygiène de vie lui permet de combattre encore pendant un ou deux ans, s’il a des adversaires. Au cas contraire, je crois qu’il a fait dans la lutte sénégalaise ce que personne d’autre n’a encore fait. Et personne ne le fera jamais.

Pourquoi ?

D’abord, parce que Yékini est le seul lutteur à avoir été désigné meilleur sportif de l’année devant des footballeurs et autres, en 2005. C’était la première fois, et je crois que c’est la dernière fois : c’est le seul sportif sénégalais ou africain non intellectuel à avoir était choisi par LEAD AFRICA comme parrain d’une promotion. Avant lui, les parrains étaient feu Kéba Mbaye, la ministre malienne Aminata Traoré, Joseph Kizerbo, Cheikh Hamidou Kane. Son comportement dans l’arène et son discours lui ont valu toutes ces distinctions.

C’est un modèle pour la jeunesse. Il a été désigné lutteur du cinquantenaire lors de la célébration des 50 ans du Sénégal. C’est peut-être dans cinquante ans qu’on parlera de lutteur du cinquantenaire. C’est le seul lutteur qui est resté plus de quinze ans sans défaite. Il a tout gagné. En plus, c’est un quelqu’un qui a réussi sa vie. Il a des immeubles à Dakar, chez lui à Joal. Il n’est pas dans le besoin. Il a su gérer sa carrière et investir. Il ne veut pas encore raccrocher parce qu’il a ça dans le sang. C’est un compétiteur. S’il n’a pas de combats, ce ne sera pas la fin du monde. 

MAMADOU DIALLO

 
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