Publié le 26 Jul 2013 - 23:15
NOMMÉE PRÉSIDENT DE L'OFNAC :

Nafy Ngom Keïta en chantier continu, mais ardu

 

Nommée, hier, président de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac), créé il y a un peu d'un an, l'ex-Vérificateur général du Sénégal à l'Inspection général d'État, Nafy Ngom Keïta Ndour reste en terrain connu. Mais sans doute épineux.

 

Son mandat de 7 ans et non renouvelable, expiré depuis le 7 juillet dernier, comme révélé lundi par EnQuête, la désormais ex-Vérificateur général du Sénégal à l'Inspection général d'État, Nafy Ngom Keïta Ndour, atterrit à la présidence de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac). La décision a été rendu publique au Conseil des ministres, hier.

L'inspecteur général d’État de classe exceptionnelle hérite ainsi d'un poste qui cherchait preneur, après que l'avocat d'affaires, Me Mame Adama Guèye, a décliné l'offre du président Macky Sall de diriger l'organe créé par lui et dont la loi l'instituant et l'organisant a été adopté par l'Assemblée nationale le 19 décembre 2012. L'Ofnac remplace la Commission nationale de lutte contre la non-transparence, la corruption et la concussion (CNLCC), créée en 2003, et que le successeur de Wade a jugé n'avoir ''pas répondu aux attentes, faute de pouvoirs lui permettant d'accomplir pleinement sa mission''.

Pour sa part, Nafy Ngom Kéita conduira, pour une durée de trois ans renouvelable une fois, l'office qui a pouvoir d'auto-saisine, d'investigation et de saisine de la justice (procureur de la République). A la grande différence de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) qui, par l'article 29 de la loi l'instituant, enjoint le maître des poursuites de transmettre immédiatement à un juge d'instruction tout dossier qu'il reçoit de cet organe.

Devant œuvrer pour la bonne gouvernance et la transparence dont le nouveau régime a fait son credo, la nouvelle patronne de l'Ofnac n'est pas en terrain inconnu. L'Ige devenu Vérificateur général le 6 juillet 2006, sous Abdoulaye Wade donc, a initié des réforme dans ce corps d'élite de l'administration sénégalaise. Ces réformes seront déclinées dans les plans stratégiques 2007/2009 et 2011/2013, permettant, entre autres, la création d’un poste de Vérificateur général du Sénégal et d’un adjoint, l’institution d’un mandat de 7 ans non renouvelable pour le Vérificateur général, la publication d’un rapport annuel sur l’État de la gouvernance publique au Sénégal. Elle a en outre à son actif l’extension des domaines de compétences de l’Inspection générale d’État à l’évaluation des politiques publiques, à la vérification de l’optimisation des ressources et à l’audit supérieur.

A l'Ofnac, celle qui a été présidence pendant 5 ans du Forum des Inspections générales d’État d’Afrique (FIGE), a pour mission continue ''la prévention et la lutte contre la fraude, la corruption, les pratiques assimilées et les infractions connexes , en vue de promouvoir l'intégrité et la probité dans la gestion des affaires publiques''.

Défi ardu

Vaste chantier pour la dame, dont la promotion à la tête de l'Ige, corrélée au rôle qu'elle aurait joué dans les Chantiers de Thiès, avait été mal accueillie. Pourtant, infirmière au départ, elle est quand même sortie brevetée de l’École nationale d’administration et de magistrature (Enam, devenue Ena), a décroché un master en finances et gestion publique et un diplôme de la Fondation canadienne pour la vérification intégrée. Son nouveau défi s'avère d'autant plus ardu que le Sénégal s'est enfoncé dans la ''zone rouge'' de l’indice de perception de la corruption 2012 publié il y a quelques jours par la section sénégalaise de Transparency International, le Forum civil. Lequel indice classe le pays à la 94e place sur un total de 174 pays, avec un score de 36 points sur la nouvelle échelle de 100. Autrement dit, le pays fait partie des plus corrompus dans le monde.

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