Publié le 4 Jun 2012 - 09:27
MACKY SALL

Un Président équilibriste

 

À l'approche des législatives du 1er juillet, le nouveau président sénégalais Macky Sall sait qu'il doit faire très vite ses preuves. Il lui faut satisfaire les attentes de ses électeurs malgré des finances publiques en mauvais état et montrer qu'il est en mesure d'appliquer la rupture alors qu'il a lui-même été aux affaires.

 

La cinquantaine, un physique plutôt banal, mais un caractère plus tranché qu'il n'y paraît. Macky Sall et François Hollande ont cela en commun, mais pas seulement. Élus à la tête de leur pays autant par rejet du président sortant que par adhésion à leur propre programme, invités par leurs concitoyens à tenir rapidement leurs promesses de campagne malgré un contexte financier délicat, les deux hommes connaissent un début de mandat similaire. S'il ne s'était pas empressé de rendre visite à Nicolas Sarkozy, le 18 avril à Paris, trois semaines seulement après son élection à la tête du Sénégal et quelques jours avant que son hôte soit contraint de quitter l'Élysée (« son premier faux pas », estime l'opposition), Sall aurait eu tout le loisir de s'en amuser avec Hollande. Ce n'est que partie remise.

 

Les deux hommes bénéficient certes d'une douce euphorie après leurs victoires respectives sur Abdoulaye Wade et Nicolas Sarkozy, mais en aucun cas d'un état de grâce. Nul doute qu'ils se posent chaque jour la même question à l'approche d'un scrutin législatif crucial (les 10 et 17 juin en France, le 1er juillet au Sénégal) : comment, après avoir multiplié les promesses de changement durant la campagne, ne pas décevoir ?

 

Deux mois après son élection, Macky Sall s'en sort plutôt bien. Lorsqu'il a pris les clés du palais présidentiel, le 2 avril, il a découvert l'ampleur du désastre. À vrai dire, il s'y était préparé. « Nous étions informés de ce qui se passait », soutient le directeur adjoint de son cabinet, Moubarack Lô. La diplomatie était isolée, voire boudée, le spectre d'une année blanche dans l'éducation se faisait de plus en plus menaçant, les caisses de l'État restaient vides, les emplois fictifs étaient pléthoriques et la liste des agences budgétivores aux dénominations les plus improbables s'est révélée plus fournie encore que les prévisions ne le laissaient entendre.

 

(suite sur...)

 

Section: 
EN TOURNEE A THIES : Barthélémy Dias appelle l’opposition à se structurer
Fête de l’indépendance à Thiès
LOI D’AMNISTIE : La politique noie le Droit
DIPLOMATIE / CANDIDATURE ONU : Macky Sall face à son grand oral à New York
CONFLITS INTERNATIONAUX Diomaye Faye alerte contre la banalisation du recours unilatéral à la force
GUERRE AU MOYEN-ORIENT – CRISE DU MULTILATÉRALISME : L'Afrique face à ses responsabilités
MODIFICATION ARTICLE L29 ET ABROGATION ARTICLE L30 DU CODE ÉLECTORAL Le FDR dénonce une forfaiture et annonce des manifestations
CANDIDATURE SONKO - RÉVISION PROCÈS : Une partie de poker
CENTENAIRE D’ABDOULAYE WADE : L’État prépare une célébration nationale
LINGUÈRE - EL MALICK NDIAYE SUR LES LOCALES : “L’objectif n’est pas de satisfaire des intérêts mais de gagner”
El Malick Ndiaye
LOCALES 2027 : Nouvelle Responsabilité contre tout report
DÉSORDRE AU SOMMET DE L’EXÉCUTIF : Comme dans une armée mexicaine
MARCHE DU FSDT : Le FDR appelle à une mobilisation générale contre la vie chère
IDÉES CONTRE INVECTIVES : Les orientations de Diomaye président
TENSIONS POLITIQUES : Taxawu Sénégal dénonce des attaques et brandit la riposte judiciaire
426 MILLIARDS SOUS TENSION : Takku Wallu fustige l’opacité du TRS
JEUNESSE ET CITOYENNETÉ : À Thiès, Diomaye Faye appelle à un renouveau moral et civique
GOUVERNANCE PARLEMENTAIRE : El Malick Ndiaye prône un contrôle « contributif » de l’action gouvernementale
PASTEF-DIOMAYE PRÉSIDENT : Thiès, une bataille capitale pour 2027 et 2029