Publié le 11 Sep 2013 - 21:12
TRAQUE DES BIENS SUPPOSÉS MAL ACQUIS

L'Unis dénonce le mauvais fonctionnement de la CREI

 

 

Pour l'Union nationale des indépendants, l'affaire Tahibou Ndiaye est «dangereuse» car c'est la première fois qu'une transaction de cette nature n'établit pas de manière factuelle le délit visé.

 

 

L'Union nationale des indépendants du Sénégal (UNIS) a dénoncé hier le mauvais déroulement de la traque des biens supposés mal acquis et regretté la «stratégie d'opacité» mise en œuvre dans les remboursements des biens volés. En ligne de mire, l'Unis, qui tenait une conférence de presse à son siège, cite le cas Tahibou Ndiaye, du nom de l'ancien patron du Cadastre ayant bénéficié d'une médiation pénale qui lui a évité la prison. Pour Amadou Guèye, leader de l'Unis, c'est une ''affaire dangereuse'' car ''jamais dans l'histoire judiciaire du Sénégal, nous n'avons assisté à une transaction de cette nature''.

Tahibou Ndiaye ayant fait l'objet de poursuites, note Amadou Guèye, celles-ci ont été classées sans suite car ses ''soi-disant'' biens vont être saisis. Mais dans la réalité, la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI) n'a pas établi de manière factuelle les actes délictuels commis par lui-même, constate le coordonnateur de l'Unis. ''Dans l'espace de la répression et de la moralisation de la vie publique, pour qu'une politique de transparence ait de l'équité, il faut que la procédure judiciaire aille jusqu'au bout''.

Par ailleurs, et sur le terrain du dernier remaniement, ''le casting du gouvernement laisse plutôt apparaître une orientation vers les élections locales de 2014», explique M. Guèye. Or, le pouvoir a aujourd'hui «plus besoin d'un changement d'orientation que d'un changement d'homme», a souligné le responsable de l'Union nationale des indépendants. ''Nous ne devons pas seulement attendre passivement mais plutôt orienter le gouvernement sur d'autres pistes» car le chef de l'Etat n'est pas ''sur le bon chemin''.

A propos d'emploi, l'Unis est d'avis que le gouvernement, après seize mois de gestion, n'a pu redonner espoirs aux jeunes. La «vacuité de la promesse de 500 000 emplois» est si grave qu'elle rend négligeable une autre promesse, celle du recrutement de 5 500 jeunes dans la Fonction publique.

A propos de la décentralisation, l'Unis fustige les reculades sur l'Acte 3 qui, selon elle, traduisent «un manque de détermination, de conviction et de courage» chez les autorités. ''Il aura suffit de la menace de quelques élus pour que le président batte en retraite'', raille Amadou Guèye.

 

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