Publié le 13 Sep 2014 - 14:11
CONSEIL MUNICIPAL DE DAKAR

Khalifa Sall, maire sans budget

 

Si certaines communes ont voté leur budget conformément aux à la circulaire du ministère de l’Economie et des Finances, le maire de Dakar, Khalifa Sall refuse de se soumettre. Il le juge contraire à la loi.

 

Alors que l’Etat demande aux maires issues des élections locales du 29 juin 2014 de voter un nouveau  budget pour ce qui reste de l’année,  le maire de Dakar a décidé de se braquer. Présidant hier le conseil municipal de la ville, Khalifa Sall dit refuser d’élaborer un budget dont il ignore les recettes. «Nous sommes suffisamment responsables pour faire de l’approximation. Nous savons combien nous allons dépenser, mais nous n’avons aucune idée de ce que nous allons recevoir des communes», explique l’édile de la capitale qui demande un décret précisant les clés de répartition pour les 19 communes que compte Dakar.

Pour conforter sa démarche, Khalifa Sall convoque l’article 254 du code général des collectivités locales. «En cas de création d’une nouvelle commune, (…) le budget est voté dans un délai de trois mois à compter de l’installation de ses organes. (…) Ces dispositions ne sont pas applicables quand le défaut d’adoption résulte de l’absence de communication au conseil dans les deux mois et demi suivant cette création, d’information indispensable pour l’établissement du budget», indique le texte de loi. Pour l’heure, seules les dépenses de fonctionnement (salaires du personnel et autres) sont autorisées au maire de Dakar. Ce qui n’est pas sans conséquence pour les administrés (voir entretien).

Même si cette décision a été approuvée par le conseil municipal, certains conseillers, en coulisse, se disent préoccupés par cette situation qui s’apparente, à leurs yeux, à un duel à distance entre le maire de Dakar et le président de la République. «Je pense que ni Khalifa Sall ni Macky Sall n’a intérêt dans cette affaire (à ce que cette situation perdure). Si on ne vote pas le budget, ce sont les populations qui en pâtissent. Macky doit appeler Khalifa et discuter avec lui. Ce serait une manière de couper l’herbe sous les pieds des faucons» proches du Palais, confie un conseiller municipal.

S’inscrivant dans cette logique, un autre élu de la capitale dakarois estime que le maire de Dakar (qui ne devrait pas assister aux concertations sur l’acte 3 de la décentralisation de ce lundi pour cause de voyage aux Etats-Unis) aurait dû renoncer à ce déplacement. «C’était une aubaine pour lui de s’adresser directement au président de la République et de lui faire part de ses préoccupations», déclare notre interlocuteur.

DAOUDA GBAYA

 

Section: 
PREMIER CONGRES ORDINAIRE DU PASTEF Un week-end à “haut risque"
PREMIER CONSEIL DES MINISTRES : Diomaye exige des “résultats rapides” du gouvernement Lo
CRISE AU SOMMET DE L’ÉTAT : L’APR dénonce “l’échec du projet Pastef” et appelle à une mobilisation générale
SINDIELY WADE : La passion du Sénégal
ÉDUCATION FEMMES : Un legs difficilement égalable
ABDOULAYE WADE : Un patrimoine africain vivant
APRÈS SA RECONDUCTION DANS LE GOUVERNEMENT : Moussa Bala Fofana quitte Pastef et revendique un choix dicté par « le devoir »
PROFIL - MINISTERE DE L’EMPLOI ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET TECHNIQUE Idrissa Samb tourne le dos à Sonko pour Diomaye
ÉLECTION D'OUSMANE SONKO À L'ASSEMBLÉE NATIONALE Le FDR réclame l'annulation de son mandat de député
FACE AUX ATTAQUES DE SONKO : Aldiouma Sow en bouclier de Diomaye
RESTRUCTURATION-BAISSE DES SUBVENTIONS Sonko file la patate chaude à Diomaye
SAINT-LOUIS : MOUVEMENT ÉPAULE CONTRE ÉPAULE : La coalition Diomaye Président élargit ses bases
LES INITIATEURS DE “DUNDAL PS” DÉNONCENT UNE DÉRIVE DICTATORIALE ET SONNENT LA MOBILISATION Le Parti socialiste en ébullition
REMANIEMENT : La feuille de route de Diomaye 2
OUSMANE SONKO FUSTIGE DIOMAYE FAYE ET ACTE LE DIVORCE TOTAL : La rupture fratricide
RUPTURE ENTRE DIOMAYE ET PASTEF : Une vague de démissions secoue l'administration
Représentation des femmes dans le gouvernement
RÉINTÉGRATION ET ÉLECTION D'OUSMANE SONKO AU PERCHOIR : L’opposition saisit le Conseil constitutionnel
APRÈS LES NÉGOCIATIONS AVORTÉES AVEC PASTEF : Le gouvernement de la rupture
GOUVERNEMENT AL AMINOU LÔ - DÉCRET N° 2026-1130 DU 1ER JUIN 2026 : Les nouveaux visages d’une équipe sans le Pastef