Publié le 8 Feb 2012 - 19:11
DÉCLARATION DE L'AMBASSADEUR DES ÉTATS-UNIS SUR LA CANDIDATURE DE WADE

 Convoqué par Madické Niang, Lukens assume

Madické Niang

 

La déclaration de l'ambassadeur des États-Unis, Lewis Lukens, à propos de la candidature du président Abdoulaye Wade n'est pas du goût du pouvoir sénégalais. ''Il est regrettable que le Président Wade ait choisi de compromettre les élections, de mettre en péril la sécurité du pays par son insistance à briguer un troisième mandat'', a dit l'ambassadeur des États-Unis dans un entretien accordé à l’Association des Éditeurs et Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL) au Sénégal, publié lundi, notamment par Nettali.net.

 

 

En réaction, le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Madické Niang, briefé par Wade, a convoqué M. Lukens pour se plaindre de ses propos relayés par la presse écrite, hier. Mais, EnQuête a appris de sources sûres que le chef de la diplomatie américaine au Sénégal a seulement répondu à Madické qu'il ''regrette que ses propos ait été mal interprétés par les gens au pouvoir''. En terme moins diplomatique, M. Lukens, dont l'entrevue avec Madické Niang n'a en fait durer qu'environ 15 minutes, assume ses déclarations.

 

 

Toutefois, dans les cercles diplomatiques à Dakar, l'on s'interroge sur cette convocation maintenant, alors que le Département d'État américain a donné le ton depuis bien longtemps. ''Les Etats-Unis respectent les institutions du Sénégal mais, je suis déçu par la décision du président de la République de prendre part à cette présidentielle. Cette décision risque d’affaiblir l’esprit de la démocratie au Sénégal et l’héritage qu’il laissera au pays. Cette candidature risque également d’affaiblir le rôle que joue le Sénégal dans la sous-région'', a dit, fin janvier, le sous-secrétaire d’État américain chargé des affaires politiques, William Burns, en marge du 18e sommet de l’Union africaine tenu à Addis-Abeba en Ethiopie. Avant lui, EnQuête révélait, en décembre dernier, la teneur d'une lettre du Sous- secrétaire d’État américain aux Affaires africaines, Johnnie Carson, adressée au président de la République sénégalais pour lui suggérer de ne pas participer à la prochaine présidentielle.

 

 

Tout compte fait, le régime de Wade a, cette fois-ci, mis les formes en faisant intervenir le ministre des Affaires étrangères. Il évite ainsi la bourde commise avec le prédécesseur de Lukens, Marcia Bernicat que le président sénégalais, mécontent d'une de ses publications, a convoquée au Palais et tancée vertement devant les caméras de la RTS. C'était alors un spectacle digne des ''Dadis show'' qui amusèrent la Guinée et le monde.

 

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