Publié le 20 Mar 2014 - 00:44
IMPLANTATION D’UNE STATION-SERVICE À FANN-RÉSIDENCE

 Populations et universitaires s'opposent

 

A moins que certains ne choisissent la loi du silence pour cacher leur opinion, à l'heure actuelle, il n’y a que les responsables de Vivo Energy, le préfet de Dakar et la Direction des hydrocarbures qui sont pour l’érection d’une station service sur la corniche-ouest, dans le quartier de Fann-Résidence. Sinon, populations et enseignants de l’Ucad sont tous en désaccord. La mairie de Fann Point E est restée sans réponse. Le rectorat déclare n’avoir pas l’information ‘’officielle’’.

 

S’il est difficile de savoir à l’heure actuelle si le projet d'implantation d'une station-service Vivo Energy sur la corniche, à Fann-Résidence, aboutira ou pas, il est tout au moins clair que l'entreprise fera face à des résistances. Les populations en première ligne. Amadou Maguèye Guèye, le doyen des habitants qui revendique 50 ans d’ancienneté, affirme que les populations, qui sont dans leur droit, vont mener le combat. 

''Un quartier résidentiel a des normes. Les gens ne payent pas autant pour habiter dans un quartier résidentiel sans avantages. Rien que des inconvénients, ça n’a pas de sens'', argumente-t-il.

A son avis, un problème de sécurité se pose. ''La station est à 100 voire 150 m de la plus grande porte de l'Ucad II. A côté de l'endroit où on a prévu de l’implanter, il y a un espace public pratiquement désaffecté. On voit déjà la combinaison du confort : Vous achetez votre boisson alcoolisée, vous venez vous prélasser à côté, vous êtes en face de la mer.

C’est le plus beau quartier pour la débauche pratiquement''. Tout ceci sans compter la ‘’haute sécurité’’ de l’ambassade du Mali. ''Quelqu’un vous offre une station à côté de l’ambassade du Mali, avec la situation actuelle au Mali, les Aqmi et autres…'', persifle-t-il. Ainsi, M. Guèye, qui se définit comme porteur de la parole (et non porte parole) d’une initiative spontanée, estime que si les promoteurs savaient qu’ils étaient dans leurs pleins droits, ils ne l’auraient pas fait en catimini. ''Je me cache, si j’ai tort. Je ne me cache pas, si je n’ai pas tort'', soutient-il.

''Fann Résidence souffre d’une tradition de transgression des règles''

Dans cette bataille, notre interlocuteur se réjouit d’avoir des soutiens de taille. ''La municipalité est totalement et sans réserve avec les populations. Ageroute a dit niet. Le ministère de l’Environnement a dit : c’est exclu.

La grande mairie (celle de Dakar) a dit qu'elle n'est pas d’accord. Tous ceux qui ont dit non sont les personnes les plus importantes'', se félicite-t-il. Concernant la Direction des hydrocarbures et le préfet qui sont favorables, il soutient qu'ils ''sont dans une logique administrative''. En effet, au-delà de cette station-service, M. Guèye constate avec regret que Fann Résidence a beaucoup souffert d’une tradition de transgression des règles.

''On a des bâtiments de 4 à 5 étages inachevés qui se lèvent et qui sont les planques des malfrats qui ne sont même pas du quartier, mais qui viennent d’ailleurs et les squattent. Certains ont eu des velléités de faire de grands commerces à l’intérieur, on s’y est opposé, parce que c’est un quartier résidentiel''.

Seydi Ababacar Ndiaye : ''Les dirigeants actuels n’ont rien compris''

Interrogé sur la question, le secrétaire général du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur précise d’abord qu’ils n’ont même pas été saisis. ''On ne nous informe sur rien'', déplore Seydi Ababacar Ndiaye, non sans ajouter : ''Mais de toutes les façons nous sommes contre''.

A son avis, il y a un problème de sécurité qui se pose, car, lorsque les étudiants seront en mouvement, ils pourront aller s’approvisionner là-bas en carburant. Le professeur estime que tout ceci traduit la vision que les dirigeants actuels du pays ont de l’université. ''Ils n’ont aucune considération pour l’université. Ils ne mesurent même pas la place de l’université. Tous les actes qu’ils posent montrent qu’ils n’ont rien compris''. 

Nous avons tenté de voir du côté du rectorat, mais on nous a fait comprendre que l’institution n’a pas reçu l’information, du moins de façon officielle. Idem pour la résidence du Cardinal où on nous suggéré d'attendre aujourd’hui, pour voir le secrétaire du cardinal. Dr Malick Diop, maire du Point E, avait promis de rappeler. Il ne l’a pas fait, et nos tentatives sont restées sans suite.

Babacar WILLANE

 

 

 

Section: 
Un homme arrêté à Ziguinchor pour viol
JOURNEE DU SOUVENIR DES SOLDATS TOMBES : L'ambassade d'Israël au Sénégal rend hommage à la communauté bédouine
Un voleur de bétail arrêté
Le Cored sur l’hélicoptère artisanal
FINANCES PUBLIQUES : Un déficit maîtrisé malgré des dépenses soutenues
SATURATION DES FOIRAILS À THIÈS : Habib Vitin appelle à une réforme structurelle à l’approche de la Tabaski
85e CÉLÉBRATION DU DAAKA DE MÉDINA GOUNASS : Thierno Aliou Thierno Yéro Baal Anne, héritier et pédagogue du Dental
PAIX ET SÉCURITÉ : Le forum de Dakar ressuscité
Gouvernement scolaire
RENCONTRE GOUVERNEMENTALE AVEC LA PRESSE Le Pacte de stabilité sociale et les infrastructures au cœur des échanges
AFFAIRE DES PRÉSUMÉS HOMOSEXUELS À LINGUÈRE : Quatre nouvelles arrestations, dont deux suspects testés positifs au VIH
Un livreur arrêté pour viol, chantage et enlèvement
CRISE DANS L'ECOLE : Le G7 suspend son mot d'ordre après un accord avec le gouvernement
85ᵉ ÉDITION DU DAAKA DE MÉDINA GOUNASS : La ville sainte devenue la capitale de l’islam
TRANSMISSION VOLONTAIRE DU VIH, ACTES CONTRE NATURE… : Dix-huit hommes interpellés, dont trois porteurs du VIH
SAISIE DE MEDICAMENTS QUI SERVENT A AUGMENTER LES FESSES Une commerçante et son livreur en garde à vue à la SU
Cliniques privées
FAUX MONNAYAGE : Une saisie record de 6 milliards en faux billets verts
AGORA/PENC : Afrikajom Center dissèque la souveraineté
GOUVERNANCE DU SECTEUR PARAPUBLIC : Le gouvernement durcit le contrôle et impose de nouvelles règles de gestion