Publié le 17 Mar 2014 - 15:43
FOOT - PREMIER LEAGUE

Comment Rodgers a révolutionné Liverpool

 

Pour sa 2e année à la tête des Reds, Brendan Rodgers est en train de réussir son pari : faire revenir le club aux cinq C1 en haut de l’affiche, tout en envoyant du jeu à n’en plus finir. À 41 ans, le coach nord-irlandais, l’un des plus prometteurs de sa génération, est le parfait symbole de ce nouveau Liverpool.

 

Le garçon en a pourtant vécu un paquet. Mais de mémoire de capitaine des Reds, Steven Gerrard assure que la performance de Liverpool contre Arsenal, le 8 février dernier (5-1), entre directement dans son top 3 des plus beaux matchs qu’il ait joués. ''Une démolition'', comme le qualifie ''Stevie G'', qui porte la patte de Brendan Rodgers.

Pour sa 2e saison à la tête du club cinq fois vainqueur de la Ligue des champions, le technicien nord-irlandais confirme tout le bien qu’on pensait de lui outre-Manche. Maîtrise du ballon, alternance entre attaques placées et contres éclairs, esprit offensif… Rodgers est devenu, de fait, une référence au sein de la mouvance de ces entraîneurs qui se revendiquent de la même école que celle de Pep Guardiola.

Maître d’œuvre du ''Swanselona'', qui avait fait du club gallois l’un des plus agréables à voir jouer en Premier League, Rodgers a parfaitement transposé sa philosophie sur les bords de la Mersey. ''Il a une vertu, c’est sa constance dans ses options de jeu, souligne Jacques Crevoisier, ancien adjoint de Gérard Houllier à Liverpool.

Il recrute donc des joueurs au profil technique (NDLR : Coutinho, Allen,...) qui peuvent s’intégrer dans un style fait de passes, offensif, rapide, avec le souci de bien servir ses deux monstres de devant, voire même ses trois, car Sterling est en train de devenir phénoménal. Son équipe est très tournée vers l’offensive et est portée par le talent de Suárez et Sturridge, avec la volonté d’aller extrêmement vite vers l’avant en première intention, soit par des actions individuelles, soit par la passe''.

''Même quand Barcelone presse, ce n’est pas avec cette intensité''

Contre Arsenal, Rodgers a ajouté à son expertise tactique une bonne dose de cojones. Pour étouffer le milieu de terrain technique des Gunners, il a aligné… zéro récupérateur ! Privé de Lucas Leiva (blessé), l’ancien adjoint de Mourinho à Chelsea a préféré laisser Joe Allen sur le banc et aligner le duo Gerrard-Henderson devant la défense. Couillu, mais efficace, puisque les Reds ont mangé les Londoniens dans le pressing et la sortie de balle, avec un Gerrard en rampe de lancement ultra-efficace et toujours bien placée.

''Défensivement, il faut souligner leur capacité à harceler le porteur du ballon très haut, mais surtout en supériorité numérique, analyse Crevoisier. À un moment, Sagna s’est énervé et a fait une faute, mais il y a trois mecs qui lui ont sauté dessus pour l’agresser, dans le bon sens du terme. On est dans un registre de jeu qui correspond au football moderne, avec une intensité dans les courses et dans l’aspect défensif qui sont typiques de l’Angleterre. Même quand Barcelone presse, ce n’est pas avec cette intensité et cette agressivité''.

Protecteur et Père Fouettard

Sans une grande marge de manœuvre financière l’été dernier, pas plus que cet hiver, Rodgers a préféré façonner son collectif plutôt que d’acheter pour acheter. Et les résultats sont là. Septièmes l’an passé à 28 points de Manchester United, les Reds se mêlent cette année à la lutte pour le titre.

Et si le talent de Suárez fait souvent la différence, ce n’est pas l’unique raison de ce renouveau, puisque l’absence de l’Uruguayen en début de saison n’a pas empêché Liverpool de gagner des matchs. Protecteur avec son buteur, Rodgers n’a pas non plus hésité à l’écarter du groupe lorsque le joueur a fait le forcing pour partir. ''Mon travail est de me battre pour protéger le club'', se justifiait le coach.

''L’état d’esprit est remarquable, les joueurs sont heureux d’être ensemble, explique Jacques Crevoisier, toujours au fait de ce qui se passe dans son ancien club. Ça se passe bien, il y a du respect et pas de têtes de con. C’est dans l’esprit d’un club exemplaire à bien des égards. Rodgers a respecté les traditions, mais en apportant sa patte personnelle, avec un jeu léché que les très bons connaisseurs de football que sont les supporters de Liverpool souhaitent''.

Rodgers-Liverpool, l’association semblait donc écrite d’avance. Mais c’est maintenant que le plus dur commence. Après avoir reconstruit sur un champ de ruines, Rodgers va devoir gagner. Une chose encore plus importante à Liverpool qu’ailleurs.

(sofoot.com)

 

 

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