Moussa Bocar Thiam conteste la procédure et saisit plusieurs institutions
L’ancien ministre de la Communication, Moussa Bocar Thiam, a engagé une contre-offensive judiciaire dans le cadre de la procédure de mise en accusation initiée contre lui devant la Haute Cour de justice. En effet, au début du mois courant, le bureau de l’Assemblée nationale a enclenché, à la suite d’une saisine du ministre de la Justice, la procédure de renvoi devant la Haute Cour de justice, juridiction compétente pour juger les ministres pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Ainsi, lundi dernier, la commission des lois a adopté à l’unanimité la résolution visant Moussa Bocar Thiam, ouvrant la voie à un vote en séance plénière.
Cette procédure est liée à l’affaire du Parc des technologies numériques (PTN) de Diamniadio, rebaptisé Sénégal Connect Park. Il lui est reproché d’avoir piloté en 2023 un marché de 2,4 milliards de FCFA, intégralement payé alors que les travaux n’auraient pas été exécutés. Deux de ses collaborateurs ont été incarcérés et le pool judiciaire financier examine le dossier, notamment sous l’angle d’un présumé détournement de deniers publics.
Contestant la régularité de la procédure, Moussa Bocar Thiam a saisi le Conseil constitutionnel, la Haute Cour de justice, le Procureur général et le Président de la Cour d’appel de Dakar. Dans une correspondance datée du 25 février 2026, adressée au président de la Commission d’instruction de la Haute Cour, il demande « l’annulation et l’ajournement pour irrégularité de la procédure de saisine (…) contraire à la Constitution ». Il l’a annoncé sur sa page facebook. Il a publié également toutes les correspondances adressées aux différents organes cités.
L’ancien ministre invoque notamment la décision n°2/C/2025 du Conseil constitutionnel, qui a censuré des dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée nationale relatives à la Haute Cour de justice. Selon lui, en l’absence de base réglementaire valide, la procédure serait entachée d’irrégularité. La résolution adoptée en commission doit encore être examinée en séance plénière. Si elle est confirmée, la Haute Cour de justice sera formellement saisie et la procédure d’instruction pourra s’ouvrir. En attendant, le débat reste ouvert sur la légalité et l’opportunité de la mise en accusation.







